Avec un total de 1 391 jours de tournage enregistrés en 2025, Marseille confirme son statut de place forte de l’audiovisuel en France. Ce volume, identique à l’année précédente, masque pourtant une mutation profonde de la production locale : si les longs métrages pour le cinéma ont connu un léger reflux, les fictions télévisées et les courts métrages portés par une nouvelle génération d’étudiants ont pris le relais pour saturer les décors de la cité phocéenne.
Des plateaux de tournage occupés 1 391 jours par an
L’activité cinématographique marseillaise en 2025 repose sur un équilibre solide entre productions industrielles et projets émergents. La Mission Cinéma, structure municipale dédiée à la facilitation des tournages, a géré un flux constant de demandes allant du documentaire à la publicité de luxe, en passant par les séries à gros budget.
| Type de projet (Données 2025) | Évolution de l’activité |
|---|---|
| Fictions TV | En hausse (représentent 50% de l’activité) |
| Courts métrages | En forte progression (dynamique étudiante) |
| Publicité & Documentaire | Volume stable |
| Longs métrages | En baisse relative par rapport à 2024 |
Cette stabilité globale cache une nuance importante : Marseille n’est plus seulement un décor naturel, mais devient un centre de formation. Les sept masterclass organisées au Château de la Buzine ont attiré plus de 1 100 étudiants, venus apprendre auprès de figures comme Olivier Marchal ou Baya Kasmi. Cette montée en compétences de la filière locale explique la hausse spectaculaire des courts métrages, portés par des techniciens et réalisateurs désormais installés à demeure.

La nouvelle vague marseillaise s’empare du Festival de Cannes 2026
La 79e édition du Festival de Cannes, prévue du 12 au 23 mai 2026, place la ville sous les projecteurs de la Croisette. Trois projets majeurs illustrent cette vitalité territoriale. La Frappe de Julien Gaspar-Oliveri, sélectionné à la Semaine de la Critique, a été intégralement tourné dans la région à l’automne 2025.
Le court métrage Nouvel Hair d’Hadrien Bels symbolise quant à lui l’ancrage local total : réalisé par un Marseillais, tourné dans les quartiers de la ville et produit par la société marseillaise Shot in Mars. Enfin, le nouveau long métrage d’Agnès Jaoui, L’Objet du Délit, bien que tourné en partie dans le reste de la région Sud, a choisi Marseille pour des séquences clés, bénéficiant du soutien logistique de la municipalité.

Un palmarès record aux César pour les productions phocéennes
Le rayonnement de la ville a déjà été validé lors de la cérémonie des César le 26 février 2026. Le film Au Bain des Dames, réalisé par Margaux Fournier, a remporté le César du Meilleur court métrage documentaire. Ce projet, tourné sur une plage emblématique de Marseille, prouve que l’identité visuelle de la ville s’exporte avec succès.
Le secteur technique n’est pas en reste avec la nomination de Jean-Philippe Moreaux pour les Meilleurs Décors dans Chien 51. Ce film de Cédric Jimenez, adapté du polar de Laurent Gaudé, a transformé les quartiers nord et le centre-ville en un univers dystopique durant trente jours de tournage. Côté interprétation et réalisation, les nominations d’Idir Azougli (Meilleur Espoir Masculin pour Météors) et de Hafsia Herzi (Meilleure Réalisation pour La petite dernière) confirment que le vivier de talents marseillais est désormais incontournable pour l’académie.

La Mission Cinéma : un levier économique pour le territoire
Au-delà de l’aspect artistique, cette effervescence est le fruit d’une stratégie de développement économique. En soutenant 53 associations et 23 festivals, la Ville de Marseille structure un écosystème qui attire les investissements. La lumière unique des rives du Lacydon et la diversité des 111 noyaux villageois offrent aux réalisateurs une variété de décors allant du port industriel aux calanques sauvages.
L’accueil des tournages est désormais perçu comme un moteur d’attractivité. La présence de la Mission Cinéma sur les grands marchés internationaux, de Lille à Cannes, permet de maintenir Marseille dans le top des destinations de tournage en Europe, assurant des retombées directes pour l’hôtellerie, la restauration et les techniciens locaux du secteur audiovisuel.
Source: Ville de Marseille
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