Le drapeau arc-en-ciel flottera dès vendredi soir sur le fronton de l’Hôtel de Ville de Nîmes. Ce geste, loin d’être un simple apparat, marque un tournant dans l’histoire de la cité gardoise qui, pour la première fois, coordonne un week-end complet de sensibilisation à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie. Cette initiative répond à une urgence sociale dictée par un climat de tension croissant.
Une réponse institutionnelle face à la recrudescence des agressions locales
L’engagement de la municipalité ne naît pas d’un simple calendrier administratif, mais d’un constat alarmant sur le terrain. Ces dernières années, plusieurs agressions visant des personnes en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre ont été signalées dans les rues nîmoises. Marianne Bernède, adjointe chargée de l’égalité et de la lutte contre les discriminations, souligne que dans une période où les discours de rejet tendent à se banaliser, le silence n’est plus une option pour les institutions locales.
Cette mobilisation vise à réaffirmer que les droits fondamentaux ne sont pas négociables. En affichant son soutien, la Ville cherche à briser l’isolement des victimes et à rappeler que chaque citoyen doit pouvoir circuler librement sans craindre de violences. Cet engagement se traduit par une visibilité accrue dans l’espace public, transformant les monuments historiques en vecteurs de messages de tolérance.
Un programme citoyen entre les Jardins de la Fontaine et le Sémaphore
Le cœur de cette mobilisation se situera au plus près des habitants. Le dimanche 17 mai, de 14h à 17h, le bosquet des Jardins de la Fontaine accueillera un village associatif. Les bénévoles de L’Arène des Fiertés, de SOS Homophobie et de l’association Transat y tiendront des stands d’information. L’objectif est double : offrir une écoute aux personnes concernées et éduquer le grand public sur les réalités des discriminations quotidiennes.

La dimension culturelle n’est pas oubliée avec une proposition cinématographique forte. Le dimanche à 18h, le cinéma Le Sémaphore projettera le documentaire « Hélène trésore transnationale ». Ce film retrace le parcours d’Hélène Hazera, figure historique du militantisme transgenre et ancienne journaliste. La séance sera suivie d’un débat avec Agathe Bouron, présidente de l’Arène des Fiertés, et Laurent Gaissad, anthropologue social, permettant de lier l’histoire des luttes nationales aux enjeux locaux actuels.
La Maison Carrée aux couleurs de la diversité pour marquer l’histoire
Le symbole le plus fort de ce week-end sera sans doute l’illumination de la Maison Carrée. Samedi et dimanche soir, le monument romain, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, se parera des couleurs de l’arc-en-ciel. Une prise de parole officielle est prévue le samedi 16 mai à 21h30, juste avant la mise en lumière, en présence des élus et des représentants associatifs.
Cette mise en lumière d’un édifice bimillénaire place la lutte pour l’égalité au centre de l’identité nîmoise. Pour les associations partenaires, cette reconnaissance officielle est une étape majeure pour faire de Nîmes une ville plus inclusive. L’action municipale entend ainsi prouver que la protection des minorités fait partie intégrante des valeurs fondamentales de la République, défendues à l’échelle locale avec une vigilance renouvelée.
Source: Vivre Nîmes (Ville de Nîmes)
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