Le festival Pianopolis a transformé le paysage urbain angevin du 14 au 17 mai, attirant plus de 8 600 spectateurs. Entre les voûtes historiques de l’abbaye du Ronceray et les jardins du CHU, l’événement a trouvé son public grâce à un mélange de récitals intimistes et de performances gratuites en plein air. Le concept des dix concerts « piano-vélo » a particulièrement marqué cette édition, déplaçant la musique classique et contemporaine au cœur des quartiers.
Succès populaire pour les concerts itinérants à Angers
L’affluence record témoigne de l’ancrage de cet événement dans le calendrier culturel local. Björn Gottschall, pianiste allemand installé à Rennes, a incarné l’esprit de cette édition en parcourant la ville avec son piano itinérant. Tractant son instrument sur une remorque à l’aide de son vélo, il a multiplié les apparitions surprises, notamment au jardin Larrey, offrant des moments suspendus aux passants et au personnel du CHU. Cette approche décomplexée de l’instrument a permis de toucher un public varié, bien au-delà des salles de concert traditionnelles.
Pour ceux qui souhaitaient prolonger l’expérience, de nombreux concerts gratuits à Angers étaient accessibles, permettant une découverte fluide des différents sites patrimoniaux investis par le festival.

De l’abbaye du Ronceray aux Greniers Saint-Jean
La programmation a débuté sous le signe de l’éclectisme à l’abbaye du Ronceray. Marielle Dechaume et Jacques Montembault y ont ouvert le bal avec des récitals narratifs, suivis par le duo angevin oda. Anna Bozovic et Théo Noël-Apperry ont proposé une fusion entre mélodies acoustiques et nappes synthétiques, ancrant le festival dans une modernité indie pop-folk. La scène locale a également été mise à l’honneur avec CJ Beth, dont la voix soul et blues a résonné dans le cadre solennel de l’abbaye.
Aux Greniers Saint-Jean, l’atmosphère s’est faite plus lyrique avec la présence de Jakub Józef Orliński. Le contre-ténor polonais, connu pour ses performances aux Jeux olympiques de Paris 2024, a partagé la scène avec le pianiste Michał Biel. Leur répertoire, naviguant entre Haendel, Purcell et des compositeurs polonais comme Karłowicz, a exploité l’acoustique unique de ce lieu historique.

Des figures légendaires et la relève du piano
Le festival a également accueilli des moments de transmission et de dialogue. L’actrice Julie Depardieu, passionnée d’opéra, a échangé avec l’écrivain Jean-Yves Clément dans le jardin du musée Jean-Lurçat avant de mettre en scène « Une soirée chez les Schumann ». Ce spectacle, mêlant lectures de lettres et musique avec la pianiste Dana Ciocarlie et la mezzo-soprano Delphine Haidan, a plongé les spectateurs dans l’intimité du couple romantique.
La jeune génération était représentée par Gabriel Durliat, dont le récital au musée Jean-Lurçat faisait écho à l’exposition « Aubusson tisse Tolkien ». En parallèle, la « dernière grande dame de l’école soviétique », Elisabeth Leonskaja, a prouvé à 80 ans que sa virtuosité restait intacte, captivant une audience comble aux Greniers Saint-Jean.

Le dernier jour a mis l’accent sur la pratique et la détente. Tandis que les enfants découvraient le jazz et le blues avec le spectacle « Le roi qui n’aimait pas la musique », les adultes profitaient d’une sieste musicale « piano-chill » orchestrée par Eddy Sco dans la cour des Greniers Saint-Jean. Au Jardin des plantes, l’atelier « Alors on danse » a clôturé l’événement en explorant l’histoire du mouvement, de la technique classique à la danse contemporaine, confirmant la volonté de Pianopolis de briser les barrières entre les disciplines artistiques.
Source: Ville d'Angers
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