Le quartier de Port-Boyer, au nord de Nantes, s’est réveillé dans la stupeur et le recueillement ce vendredi. Les traces de la fusillade survenue la veille, rue de Pornichet, marquent encore les esprits des riverains. Un adolescent de 15 ans a perdu la vie sous les balles, tandis que deux autres jeunes ont été blessés dans ce qui semble être un nouveau règlement de comptes lié au narcotrafic.
Présente sur les lieux dès le soir du drame, Johanna Rolland, maire de Nantes, a exprimé une émotion vive face à ce qu’elle qualifie de « drame absolu ». Accompagnée de ses adjoints à la sécurité et au quartier Nantes Erdre, elle a rencontré les familles des victimes et les habitants, témoins impuissants d’une violence qui frappe désormais des mineurs au cœur de leur quartier.
Soutien psychologique immédiat au centre socio-culturel
Face au traumatisme subi par les habitants, la Ville de Nantes a réagi promptement. Une cellule d’aide et d’écoute psychologique gratuite a ouvert ses portes ce vendredi 15 mai 2026 au Centre socio‐culturel de Port-Boyer. Ce dispositif vise à accompagner les proches de la victime, mais aussi les témoins de la scène et les résidents du quartier profondément marqués par la brutalité des faits.

Johanna Rolland a réitéré son soutien total à la mère du jeune homme décédé et à l’ensemble de la communauté. Cette présence municipale cherche à rassurer une population qui craint l’escalade des violences. L’objectif est d’offrir un espace de parole sécurisé pour évacuer l’angoisse générée par cette fusillade en pleine rue.
Renforcement des effectifs de la BRI et création d’une antenne OFAST
Le drame a pris une dimension nationale avec la visite, dès le lendemain, du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Ce déplacement a permis d’acter des mesures concrètes pour lutter contre les réseaux criminels qui gangrènent certains secteurs de la métropole. Le ministre s’est engagé sur deux leviers majeurs : l’investigation et la présence sur le terrain.
Nantes accueillera prochainement une antenne de l’Office Anti-stupéfiants (OFAST). Cette structure spécialisée disposera de six nouveaux policiers dédiés exclusivement au démantèlement des réseaux de trafic de drogue. Parallèlement, huit effectifs supplémentaires viendront renforcer la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI) de Rennes, afin de décharger la BRI de Nantes et lui permettre de se concentrer sur les dossiers les plus sensibles de la cité des Ducs.
Extension du dispositif de prévention LIMIT’S aux quartiers nord
Au-delà de la réponse sécuritaire, la municipalité nantaise mise sur la prévention pour éviter que les plus jeunes ne basculent dans la criminalité. Johanna Rolland a proposé au ministère l’extension du projet LIMIT’S aux quartiers de Port-Boyer et de la Bottière. Ce dispositif national, piloté par la Mildeca et déjà expérimenté dans le quartier du Breil depuis 2024, vise à briser l’emprise des trafiquants sur la jeunesse locale.
Cette stratégie repose sur une mobilisation totale des pouvoirs publics, de la réponse pénale la plus ferme aux actions sociales de terrain. Pour la maire de Nantes, la bataille contre le narcotrafic exige une continuité entre la sanction des auteurs de crimes et l’accompagnement des familles pour protéger le droit fondamental de chaque Nantais à vivre en sécurité. Les enquêtes en cours devront désormais identifier les responsables de cette fusillade pour répondre à l’exigence de justice des habitants.
Source: Nantes, ville et métropole
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