Djivann Ostrowska a posé son vélo sur les pavés de la place de la Comédie, marquant la fin d’une épopée de douze mois. À 22 ans, ce musicien montpelliérain vient de boucler un tour du monde hors du commun, transportant avec lui un instrument de musique à travers 25 pays. Entre avril 2025 et avril 2026, il a parcouru 13 314 kilomètres à la seule force de ses mollets, prouvant que la mélodie peut servir de langage universel sur toutes les routes du globe.
Lauréat de la bourse Initiative Jeunes de la Ville de Montpellier, l’ancien étudiant en musicologie a transformé un rêve d’enfant en une réalité logistique et artistique. Son objectif était double : vivre sa passion pour le cyclisme tout en partageant sa musique avec des populations rencontrées au gré des étapes. Ce périple l’a mené de l’Italie à la Corée du Sud, en passant par l’Europe de l’Est, le Japon, l’Asie du Sud-Est et les États-Unis, avant un retour par la péninsule ibérique.
13 314 kilomètres de mélodies à travers 25 pays
Le quotidien de Djivann Ostrowska a été rythmé par une discipline rigoureuse. Le jeune homme pédalait six jours sur sept, couvrant des étapes moyennes de 80 à 100 kilomètres. Son itinéraire a nécessité des adaptations majeures, comme la traversée de la Russie via le Transsibérien pour rejoindre la Corée du Sud. C’est d’ailleurs dans ce pays qu’il a vécu l’un de ses moments les plus marquants.

À Séoul, sa rencontre avec un habitant nommé Uni a transformé son expérience. Ce nouvel ami a facilité son passage dans plusieurs localités en téléphonant en amont pour expliquer la nature du projet. Malgré la barrière de la langue, l’accueil réservé au cycliste-pianiste a confirmé son intuition de départ : la musique connecte les individus au-delà des mots. Tout au long du trajet, il a multiplié les concerts de rue et les ateliers dans des écoles, notamment à Bali, créant des compositions inspirées par les paysages traversés.
L’ingénierie d’un piano démontable pour voyager léger
La réussite de ce projet reposait sur un défi technique : comment transporter un piano à vélo sans compromettre l’équilibre ou la vitesse ? Djivann a utilisé un clavier de 73 touches conçu par un fabricant français. L’instrument, pesant seulement 4,5 kg, se démonte en trois modules distincts, à la manière d’un jeu de construction.

Ces trois parties occupaient environ un tiers de l’espace de ses sacoches. Pour assurer ses performances, le musicien devait également transporter une batterie autonome et une enceinte portable. Ce matériel lui a permis de donner des concerts impromptus, que ce soit au milieu des parcs nationaux de l’ouest des États-Unis ou sur le tumulte de Times Square à New York. Cette approche minimaliste visait aussi à promouvoir un mode de voyage respectueux de l’environnement, une thématique chère à l’étudiant.
Un engagement solidaire pour l’accès à la musique à Montpellier
L’aventure ne s’est pas limitée à la performance physique et artistique. Djivann Ostrowska a profité de son exposition pour collecter 3 000 euros de dons. Cette somme a permis de financer trois pianos destinés à rendre la pratique musicale accessible à tous. Si les deux premiers instruments ont été installés dans des écoles à Bratislava (Slovaquie) et Riga (Lettonie), le troisième restera dans sa ville d’origine.

C’est le Café Joyeux, situé au 9 place Alexandre Laissac à Montpellier, qui accueillera ce piano. Cet établissement inclusif, qui emploie des personnes en situation de handicap, devient ainsi le point d’ancrage local de ce projet international.
Une soirée de partage à la Maison pour tous Frédéric Chopin
Le jeudi 28 mai 2026, Djivann Ostrowska partagera les coulisses de son voyage lors d’un événement public à la Maison pour tous Frédéric Chopin. De 19h à 21h30, les habitants pourront découvrir une sélection de clichés capturés durant ces 13 000 kilomètres lors d’une exposition photo installée dans le parc.
La soirée sera ponctuée par un concert où le pianiste interprétera ses compositions originales. Entre chaque morceau, il livrera les anecdotes liées à leur création et répondra aux questions du public sur la logistique d’un tel périple. L’entrée est libre et sans réservation, offrant une occasion de discuter directement avec le jeune aventurier autour de son expérience humaine et musicale.
Source: En Commun – Montpellier
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