Dans le groupe scolaire Franc Nohain, dans le 13e arrondissement de Paris, six salles de classe servent de laboratoire à une rénovation conçue pour limiter les surchauffes. Protections solaires, brasseurs d’air et ventilation nocturne ont permis d’obtenir jusqu’à 10 °C d’écart de température ressentie avec les anciennes salles, hors période de canicule, selon les mesures communiquées par la Ville de Paris.
Le test, baptisé « La RÉNO ! », précède la rénovation globale de l’établissement prévue entre 2026 et 2029. Il doit déterminer quelles solutions peuvent être reproduites dans d’autres écoles parisiennes confrontées à des étés plus chauds.
Des salles exposées plein sud dans un bâtiment en béton
Construite en 1955, l’École Franc Nohain compte environ 4 000 m² de structure en béton. Ses larges façades vitrées orientées au sud apportent de la lumière et de la chaleur en hiver, mais favorisent aussi une forte accumulation de chaleur durant les journées ensoleillées.
Lors de la canicule de juin observée pendant l’expérimentation, la température a atteint 42 °C dans la partie non rénovée du bâtiment. Les six classes pilotes réunissent donc plusieurs contraintes fréquentes dans le patrimoine scolaire parisien : béton, grandes baies vitrées et exposition solaire directe.

L’écorénovation a été menée sans démolir les éléments encore utilisables. Une isolation intérieure associe une ossature en bois, du coton recyclé provenant notamment des filières Emmaüs, des panneaux enduits de terre crue et un parquet en chêne massif. Ces matériaux biosourcés visent à réduire l’impact carbone du chantier tout en améliorant le confort quotidien des élèves.
Trois dispositifs pour contenir la chaleur
Deux types de brise-soleil ont été posés sur la façade sud : des éléments métalliques installés dans une lame d’air ventilée et des protections extérieures en bois thermochauffé. D’après les simulations thermiques réalisées pour le projet, cette protection solaire améliore de 50 % le confort des occupants selon l’indicateur adaptatif de la norme EN 16798.
Chaque classe dispose également de quatre brasseurs d’air au plafond. Ils ne refroidissent pas directement l’air comme une climatisation, mais accélèrent son mouvement autour des occupants. La baisse de température ressentie est estimée entre 3 et 4 °C.

Le troisième levier repose sur une surventilation traversante pendant la nuit. Des volets en bois et des dispositifs anti-intrusion permettent de laisser circuler l’air tout en protégeant les locaux de la pluie et des accès non autorisés. La chaleur accumulée peut ainsi être évacuée avant l’arrivée des élèves le matin.
L’efficacité dépend aussi de l’usage du bâtiment. Des affichages sont testés afin d’indiquer aux enfants et aux équipes pédagogiques quand ouvrir, fermer ou activer les équipements. Cette dimension doit permettre de vérifier si les performances mesurées restent accessibles dans les conditions ordinaires d’une école.
Un test appelé à guider le Plan Climat parisien
L’expérimentation ne concerne pas uniquement le confort d’été. Un diagnostic a montré que les couloirs et les escaliers représentaient 45 % du volume chauffé de l’établissement en hiver. Le projet cherche donc à chauffer moins les espaces de passage et à concentrer les besoins énergétiques dans les salles occupées pendant plusieurs heures.

Les grandes baies vitrées doivent alors retrouver un rôle utile en captant les apports solaires. Des panneaux rayonnants alimentés en eau chaude ont aussi été installés au plafond pour diffuser la chaleur dans les classes. Les mesures hivernales doivent encore déterminer les effets de cette configuration sur le confort et les consommations.
Cette phase pilote s’inscrit dans le Plan Climat adopté en 2024, qui prévoit la rénovation de 631 écoles et 454 crèches parisiennes d’ici 2050. Les résultats techniques, les difficultés de chantier et les usages observés à Franc Nohain serviront à établir des recommandations avant un éventuel déploiement dans d’autres établissements de Paris.
Source: Mairie de Paris
Contexte et actions A propos de cet article
Source et verification Traçabilité de l’information
Les chiffres et dispositifs décrits ont été recoupés dans la présentation détaillée publiée par la Ville de Paris sur l’expérimentation Franc Nohain.
- Distinction conservée entre température mesurée et température ressentie.
- Écart maximal de 10 °C présenté uniquement hors période de canicule.
- Calendrier de rénovation globale vérifié pour la période 2026-2029.
- Objectifs du Plan Climat vérifiés : 631 écoles et 454 crèches d’ici 2050.
- Source
- Ville de Paris
- Portée
- Paris
- Mis à jour
- 2026-07-18 08:30
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