Le maire de Saint-Denis – Pierrefitte, Bally Bagayoko, s’est rendu au foyer David-Siqueiros le 23 avril 2026 pour rencontrer les résidents menacés par un projet de transformation radicale de leur lieu de vie. Le bailleur Adoma prévoit de transformer ce foyer de travailleurs immigrés en résidence sociale, un chantier entamé en janvier dernier sans concertation préalable avec les occupants.
Rupture de dialogue entre Adoma et les résidents
Le projet de rénovation prévoit la transformation des 304 chambres actuelles. Cependant, l’inquiétude grandit parmi les 1 000 habitants, dont beaucoup craignent de se retrouver sans solution de relogement. Coulibaly Bahademou, président du comité du foyer, souligne que les travaux ont été lancés sans garanties concrètes pour la majorité des résidents. En réponse, les travailleurs se sont mobilisés pour bloquer le chantier.
📌 Svarbiausi akcentai
* Mobilisation massive : 1 000 travailleurs immigrés concernés par le projet.
* Déficit de relogement : Seules 198 places de relogement sont prévues pour 304 chambres occupées par plusieurs personnes.
* Action municipale : Bally Bagayoko apporte son soutien aux travailleurs du foyer David-Siqueiros à Saint-Denis et exige l’arrêt du projet actuel.
* Vétusté extrême : Chambres de 7 m² et pannes d’ascenseurs récurrentes.
Des conditions d’insalubrité dénoncées sur place
Lors de sa visite, l’édile a constaté la dégradation avancée des espaces communs de ce foyer de travailleurs. Les ascenseurs en panne isolent les résidents à mobilité réduite, tandis que l’exiguïté des logements — des chambres de 7 m² partagées par plusieurs personnes — rend le quotidien difficile. Alexis, membre du syndicat Le poing levé et étudiant à l’université Paris 8, rappelle que ces travailleurs ont contribué à l’économie française toute leur vie et exigent aujourd’hui d’être traités avec dignité.

| Indicateur du foyer David-Siqueiros | Données chiffrées |
|---|---|
| Nombre total de résidents | Environ 1 000 |
| Capacité actuelle | 304 chambres |
| Surface moyenne par logement | 7 m² |
| Offres de relogement Adoma | 198 places |
Une médiation politique pour stopper les expulsions
Face à l’assemblée réunie en table ronde, Bally Bagayoko a qualifié le combat des résidents de « juste ». Le maire s’est engagé à débloquer des moyens financiers pour les réparations d’urgence, notamment les ascenseurs, et à solliciter une réunion tripartite. Cette rencontre doit réunir la direction d’Adoma, la préfecture et les représentants des résidents sous l’égide de Plaine Commune.
Les habitants, comme Dabo, résident depuis 20 ans, ou Lassana, arrivé en 2017, réclament des garanties écrites. Pour le comité de défense, la poursuite de la mobilisation reste l’unique levier si Adoma maintient son plan initial sans assurer le relogement de chaque occupant sur place. « Autrement, on poursuivra notre mobilisation », assure Coulibaly Bahademou.
Foire Aux Questions
Pourquoi le foyer de travailleurs immigrés David-Siqueiros à Saint-Denis est-il en plein conflit social ?
Le conflit oppose le bailleur Adoma aux 1 000 résidents actuels suite au lancement d’un projet de transformation du foyer en “résidence sociale” sans concertation. L’enjeu principal est mathématique et humain : le projet ne prévoit que 198 solutions de relogement pour 304 chambres (souvent occupées par plusieurs personnes), laissant des centaines de travailleurs dans une précarité extrême et sous la menace d’une expulsion sans solution.
Quelles démarches doivent entreprendre les résidents menacés d’expulsion par ces travaux ?
Si vous êtes résident du foyer Siqueiros, il est crucial d’agir sur trois fronts :
1. Se rapprocher du comité des résidents (COF) pour centraliser les revendications collectives.
2. Documenter votre présence en conservant vos quittances de loyer et courriers officiels pour prouver votre droit au relogement.
3. Solliciter l’ADIL 93 (Association Départementale d’Information sur le Logement) pour un accompagnement juridique gratuit face aux procédures de travaux en site occupé.
Quels sont les risques réels du passage d’un foyer de travailleurs à une résidence sociale ?
Au-delà de la modernisation nécessaire des chambres de 7 m², ce changement de statut impose des règles d’occupation beaucoup plus strictes. Contrairement au foyer traditionnel, la résidence sociale interdit souvent l’hébergement de tiers, ce qui condamne le système d’entraide communautaire actuel. Sans un plan de relogement “tiroir” (logement temporaire pendant les travaux), l’impact direct est une saturation des structures d’hébergement d’urgence locales et un risque de sans-abrisme pour les occupants non-titulaires du bail.
Quelle est la prochaine étape pour les habitants du foyer Siqueiros ?
L’avenir dépend de l’issue du bras de fer entre la mairie de Saint-Denis et Adoma. Le maire Bally Bagayoko exige l’arrêt du chantier jusqu’à l’obtention de garanties de relogement dignes pour tous. Pour suivre l’évolution, les habitants et soutiens peuvent consulter le site de la ville de Saint-Denis ou suivre les mises à jour du syndicat étudiant Le Poing Levé, très actif sur le terrain pour la défense des droits des travailleurs immigrés.
Source: Commune de Saint-Denis
Commentaires